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Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /Déc /2008 18:49
Oui.

Encore en vie, il semblerait. Je me prépare à affronter le coeur joyeux, le coeur en paix, le coeur fatigué ces trois semaines de vie en suspens. De belle vie.

Sur une autre fenêtre, ma dissertation de droit "La responsabilité personnelle des agents de l'Administration". Pitié. Les mots viennent peu à peu, trop lentement à mon goût, mais je pense alors à demain, et cette belle promesse. Ne pas la gâcher à coups d'arrêts Pelletier, Anguet, ou encore Kessler. Non, juste Elle sur scène, dans la belle salle.

A ma gauche, ma droite, un peu partout, mes pulsions de la journée, il le fallait, stock bibliothécaire reconstitué, pour mon plus grand bonheur. Du Régis Jauffret, tout d'abord. Du Stefan Zweig, son "dernier-né", s'il en est. L'offuscation, impossibilité de trouver La Pitié Dangereuse que ce soit à OB ou à GJ, l'échange attendra le centre du monde. Enfin, un Christa Wolf et un Kyoichi Katayama, pour la fameuse "ouverture culturelle", si à la mode...

Premier semestre presque fini, il n'y a plus qu'à remplir la petite formalité de début janvier. Non, pas une soirée orgiaque en souvenirs avec la Perpignaniaise égarée dans le Nord. Mais ce "machin" administratif.
Hum. N'en disons pas plus.

Un tour au marché de Noël, Myxo à bout portant, quelques photos. Le semblant de joie. La patinoire, le froid, les chutes, des cris et des rires. Le chocolat chaud ou la crêpe? Lumières, guirlandes, chapeau cloche à la Jolie de l'Echange. Pseudo magie, mais après tout, "l'optimisme est l'opium du genre humain".
Et après tout, moi aussi j'en fais partie, de ces gens. La crise.

Je pense à la belle promesse de demain. Cela fait des mois que je l'attends.


"On se dit c'est bien, on vit, on se distrait. Journée unique, aujourd'hui, hier, demain, il y a trente ans, les journées sont uniques, mais pas plus mémorables que les nuits qui leur ont succédé, on les oublie.
Ma vie unique comme celle des autres, ma vie qui s'oublie elle-même au fur et à mesure, les souvenirs sont des escroqueries, ils recèlent des événements qui n'ont jamais eu lieu. Les souvenirs sont des églises, ils ne sont pas plus reliés au passé que les crucifix à l'au-delà.
[...] Le temps est un attentat, le temps est un attentat, le temps est un attentat qui défigure, rend infirme, et tue tendrement comme une explosion."
Régis Jauffret, in Vivant.

Il m'a attrapée, de ses mots fulgurants d'instant.
Après, je ne sais pas.

Publié dans : Pérégrination littéraire
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